Marly-le-Roi
Château du Verduron
Dramaturge, propriétaire (1863-1908)
→Membre de l'Académie française (fauteuil 9), élu le 7 juin 1877
Victorien Sardou (Paris, 5 septembre 1831 – Paris, 8 novembre 1908) est l'un des auteurs dramatiques les plus joués de la seconde moitié du XIXe siècle. Révélé par le succès de ses pièces au Gymnase et au Vaudeville, il écrit pour Sarah Bernhardt Fédora, Théodora puis La Tosca, et fait son entrée à l'Académie française en 1877. Côté patrimoine, il est surtout le propriétaire qui, à partir d'août 1863, transforme le château du Verduron à Marly-le-Roi : il y réunit ses collections, agrandit et restaure la demeure, aménage le parc et crée l'allée des Sphinx, qui vaut au domaine le nom de « château des Sphinx ». Cette identité de dramaturge-propriétaire explique la place du Verduron dans l'histoire locale de Marly, où il fut aussi impliqué dans la vie communale.
Né à Paris en 1831, Victorien Sardou doit ses premiers succès à l'actrice Virginie Déjazet, qui l'introduit dans son théâtre. Ses pièces sont montées au Vaudeville, au Gymnase, à la Porte Saint-Martin, au Palais-Royal, à la Gaîté et à la Comédie-Française. Parmi les titres qui jalonnent sa carrière figurent Nos intimes (1861), La Famille Benoiton (1865), Patrie (1869), Rabagas (1872), puis, pour Sarah Bernhardt, Fédora, Théodora et La Tosca. Souvent accusé de plagiat, il répond par le pamphlet Mes plagiats (1883).
Naissance de Victorien Sardou à Paris.
Acquisition du château du Verduron à Marly-le-Roi.
Les sphinx du Pavillon du Sultan de l'Exposition universelle sont installés dans l'allée du Verduron.
Élection à l'Académie française (fauteuil 9).
Réception à l'Académie française par Charles Blanc.
Mort de Victorien Sardou ; usufruit du Verduron à son épouse, nue-propriété à ses quatre enfants.
Sardou est élu à l'Académie française le 7 juin 1877, au fauteuil 9, après plusieurs tours de scrutin. Il succède à Joseph Autran et devance le duc d'Audiffret-Pasquier et Leconte de Lisle. Il est reçu le 23 mai 1878 par Charles Blanc. Sa mort survient à Paris le 8 novembre 1908.
Selon l'historique du Verduron, qui s'appuie notamment sur Camille Piton, Georges Mouly et l'enquête GRAHAL de 2002, Sardou acquiert la propriété en août 1863. Il agrandit et restaure la maison, mais se consacre surtout au parc : nouvelle entrée avec grille monumentale inspirée de celle de l'Orangerie de Versailles, allée des Sphinx — dix sphinx de granit provenant du Pavillon du Sultan à l'Exposition universelle de 1867 — et construction d'une nouvelle orangerie. Il y rassemble ses collections et les cadeaux de ses admirateurs.
À la mort de Sardou en 1908, son épouse reçoit l'usufruit et ses quatre enfants la nue-propriété. Les héritiers vendent ensuite à Bertrand-Louis-Eugène Mir ; le domaine est divisé en 1940 en « château des Sphinx » et « Orangerie », puis restauré à la fin du XXe siècle. L'allée des Sphinx reste la trace la plus visible de son passage.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.