Saint-Denis
Château Morange
commanditaire
→Prosper Morange (Jean-Baptiste Prosper Morange) est le propriétaire et commanditaire du château qui porte son nom, sur les hauteurs de Saint-Denis de La Réunion. Acquéreur en 1853 d'un terrain de jardins d'environ 26 hectares au lieu-dit « le Butor », vendu par son beau-père Rémy Lanchon, il y fit élever, au temps de l'essor sucrier du Second Empire, une vaste demeure à galerie à colonnes que la presse de 1861 qualifiait de « résidence princière ». Les plans sont rattachés à son gendre Victor Frappier de Montbenoît, conducteur des Ponts et Chaussées. Devenu bâtiment municipal puis monument historique (2010), le château garde le nom de son bâtisseur, alors que les données biographiques de Prosper Morange lui-même (naissance, décès, carrière) restent à documenter.
Prosper Morange apparaît dans les sources comme l'acquéreur, en 1853, d'un vaste terrain de jardins situé dans les hauts de Saint-Denis, acheté à son beau-père Rémy Lanchon. Le domaine, d'environ 26 hectares à l'origine, est aujourd'hui réduit à quelques hectares. C'est sur ce terrain que s'élève, au cours de la décennie suivante, l'une des réalisations majeures de l'architecture de la période de Napoléon III à La Réunion.
Rémy Lanchon, futur beau-père de Prosper Morange, possède déjà le terrain du Butor, dans les hauts de Saint-Denis.
Prosper Morange achète à son beau-père ce terrain à jardins d'environ 26 hectares ; le chantier du château commence après cet achat.
Fin des travaux : 1860 selon une étude locale, « terminé en 1861 » selon la notice d'Inventaire (Mérimée) ; le journaliste Simonin décrit en 1861 une « résidence princière ».
Mathilde Dierx, veuve de Camille Morange (second fils de Prosper), possède la demeure ; elle passe ensuite à Édouard Laurent (1924), Guillaume Guinot (1925) puis Lionel de Nas de Tourris (1930).
Le château sert de résidence d'exil à Abdelkrim al-Khattabi et à ses proches.
La ville de Saint-Denis en fait un centre de jeunesse.
Inscription du château, de son patio, du parc, des dépendances et des clôtures au titre des Monuments historiques.
Un acte de 1864 décrit une maison principale en pierre, précédée d'une allée surélevée, autour d'une cour intérieure bordée sur trois côtés d'une galerie à colonnes, avec des dépendances. Ce programme s'inscrit dans l'essor de la canne à sucre, quand de nombreuses fortunes se font sous le Second Empire. Les sources consultées ne chiffrent pas la fortune de Prosper Morange lui-même.
Après l'effondrement de l'économie sucrière, le château change plusieurs fois de mains puis accueille, de 1926 à 1929, Abdelkrim al-Khattabi en exil. Propriété municipale depuis le XXe siècle (centre de jeunesse en 1967), il est inscrit en totalité au titre des Monuments historiques par arrêté du 13 décembre 2010.
Aucune des sources lues ne donne les dates de naissance et de décès de Prosper Morange, ni sa profession précise. La notice d'Inventaire ne nomme pas le commanditaire ; le lien avec Morange repose sur le nom du château et sur l'étude locale consacrée à son histoire. Une recherche en archives (état civil et notariat de La Réunion) reste nécessaire pour compléter cette biographie.
Cette synthèse croise plusieurs sources pour documenter les lieux, événements et relations historiques.